28.08.2006

Conseils par matière : l'art visuel

La préparation

Pour cette épreuve, il y a deux choses distinctes à préparer : l'exposé et l'entretien.

Comme pour le sport, l'exposé peut être préparé à l'avance, c'est une chance, il faut donc y consacrer suffisamment de temps pour être à l'aise et faire quelque chose d'intéressant. La première chose à faire est le choix du sujet, c'est une étape obligée et délicate, mais il ne faut pas hésiter à prendre son temps, l'oral est en juin si le sujet n'est pas clairement défini en avril, ce n'est pas gravissime. Vous pouvez choisir l'oeuvre d'un artiste ou bien une réalisation personnelle. Comme j'ai choisi la première option, je ne peux pas donner de conseils pour ceux qui voudraient présenter leur propre production. Certains paramètres sont à prendre en compte : avant tout, choisir une oeuvre qui vous touche, que vous aimez particulièrement. Vous allez la regarder suffisamment longtemps pour essayer de rendre ce moment agréable, et c'est toujours motivant d'essayer de faire partager quelque chose qui vous tient à coeur. Ensuite, il faut garder à l'esprit que l'objectif est de proposer une activité à des enfants, il faut donc que le sujet choisi soit adéquat quant au thème (éviter les oeuvres trop violentes, trop politisées, trop polémiques...). Enfin, il faut essayer d'être original. En effet, d'une part le champ artistique ne se limite pas à la peinture... on peut également aller voir du côté de la sculpture, de la photographie, de l'architecture (bâtiments ou jardins), de la vidéo, du cinéma, de l'animation, des installations... D'autre part, pensez aux examinateurs : s'ils entendent trois fois dans la journée quelqu'un leur présenter une activité de cycle 1 à partir d'Arcimboldo, ils seront peut-être moins tolérants que s'ils entendent quelque chose d'unique ! L'exposé comportera deux parties : une concernant l'oeuvre choisie et une seconde proposant une activité pour l'école primaire (cf. mon exposé d'arts visuels à télécharger). Il faut donc d'une part bien se documenter sur l'artiste, les interprétations possibles, les critiques, ce que vous ressentez face à l'oeuvre et d'autre part feuilleter des ouvrages destinés aux professeurs des écoles pour créer une séquence pédagogique originale et conforme aux IO (instructions officielles). L'essentiel pour cette seconde partie est d'éviter de faire une activité "à la manière de". Même si c'est souvent ce qui est proposé dans la réalité, cette façon de faire est complètement à bannir car les programmes insistent sur le fait qu'elle ne permet pas à l'élève d'exprimer toute sa créativité. Comme pour le sport, l'exposé se prépare. Il faut également apprendre par coeur l'introduction, le plan et la conclusion. Cela est encore plus important car cette épreuve arrive après l'oral pro qui peut avoir été éprouvant et il faut absolument rebondir. Réciter son exposé à quelqu'un qui ne connaît pas du tout l'oeuvre permet de vérifier que le texte est clair et compréhensible. Il faut garder à l'esprit que sur les trois personnes qui composent le jury, seule une est un spécialiste des arts visuels, les autres peuvent être totalement néophytes et vous vous adressez aussi à eux ! Une autre chose à préparer : le document. Les IO précisent le format (maximum un demi-raisin soit 25x32,5). Il est important que la qualité soit soignée. C'est peut-être mieux de le présenter en deux exemplaires : un pour le jury et un pour vous, ce qui vous permettra de montrer plus précisément ce dont vous parler.

La deuxième partie est tellement vaste qu'il est difficile de la préparer. Lire une bonne histoire de l'art générale est de toute façon utile (cf. bibliographie), vous pouvez également visiter les expositions en cours dans votre ville ou votre région et tenter de les caser pendant l'entretien pour montrer que vous vous intéressez à l'art in situ ! Pensez à feuilleter les catalogues d'exposition si vous n'avez pas eu le temps d'y aller. Vous pouvez également vous entraîner à parler d'une oeuvre choisie au hasard. Exemple : on ouvre le dictionnaire, on choisit un tableau et on dit le maximum : tout ce que l'on sait (titre, format, artiste, époque, lieu d'exposition), tout ce que l'on voit (premier plan, arrière plan, relations entre les personnages, les zones du tableau, les détails étonnants) et tout ce que l'on peut en deviner (allégorie, autres références, liens historiques ou mythologiques). Mais ce n'est pas tout, il faut encore y trouver une application pédagogique plausible... Tout ce qui vous passe par l'esprit est bon à prendre, la transversalité est souvent salvatrice (lien avec les sciences, l'histoire, la littérature, la musique...).

Le jour du concours

Cette épreuve qui arrive en deuxième partie de l'épreuve orale d'entretien est assez éprouvante à cause de tout ce qui a précédé. Une fois la première partie achevée, il faut tenter de l'oublier, souffler un peu et se lancer dans son exposé.

Mon jury était composé de trois personnes (un inspecteur, une conseillère d'éducation et une prof d'arts visuels). Il faut tenter de s'adresser aux trois, même s'ils semblent s'ennuyer pendant que vous parlez... J'ai eu droit à quelques baillements et étirements... Là encore, il faut être attentif au temps au risque d'être coupé sans avoir eu le temps de conclure. Après avoir fini, le jury (ou plutôt la prof d'arts visuels, les autres n'ont pas trop parlé) m'a posé quelques questions concernant ce que j'avais dit. A vrai dire, les questions ont plus porté sur la forme que sur le fond. En fait, ils m'ont posé des questions sur le support que je leur présentais (une photo) et ont insisté lourdement pour savoir pour quelles raisons j'avais laissé des marges blanches autour de la photo (euh... en fait c'était le format du papier qui était comme ça et je n'avais absolument pas pensé que ça puisse poser un quelconque problème). J'ai tenté de m'expliquer puis j'ai dit que si j'avais dû présenter cette photo à des élèves, je l'aurais fait sous forme de diapositive afin de respecter le format originel de tirage (bof, bof...), il m'a alors été reproché de prendre plus soin des élèves futurs que du jury présent :-) ! Après coup, je sais maintenant que ces questions étaient uniquement destinées à tester ma résistance et la façon dont j'allais me justifier puisque j'ai eu 18 à cet oral. On ne peut pas pénaliser un candidat pour des bandes blanches !

Pour la deuxième partie, ils m'ont proposé une reproduction d'une sculpture de Picasso (le taureau, fait avec une selle et un guidon de vélo). J'ai dit tout ce que je savais, j'ai ensuite essayé de faire le lien avec ce que j'avais présenté précédemment puis j'ai proposé des pistes pédagogiques en insistant sur la transversalité (autre vision des objets du quotidiens, valorisation des déchets, éducation à l'environnement).

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